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Pierre Le Moyne d'Iberville


(1661-1706)

Guerrier, explorateur et bâtisseur

Pierre Le Moyne d'Iberville est né à Ville-Marie (Montréal) le 16 juillet 1661.
C'était une époque où il fallait combattre pour survivre en Nouvelle-France.


Située à la jonction des voies de communication conduisant vers les Grands Lacs
et la baie d'Hudson, l'île de Montréal est, depuis sa fondation en 1642,
en butte à la guérilla iroquoise.

Ville-Marie est au coeur du commerce des pelleteries
et ses marchands y trouvent la prospérité.
Parti de rien et anobli en 1668, son père Charles Le Moyne
est l'un des pionniers les plus riches et les plus influents de la ville naissante.
Associé dans quelques compagnies de traite, il participe, en 1682,
à la création de la Compagnie du Nord ou Compagnie française de la Baie d'Hudson.

En 1685, les investissements de la Compagnie du Nord à la baie d'Hudson sont en péril
mais la compagnie obtient l'appui du gouverneur Jacques-René de Brisay, marquis de Denonville.
Elle peut dès lors financer l'expédition de 1686 à la baie d'Hudson
à laquelle participent trois des fils de Charles Le Moyne de Longueuil :
Pierre Le Moyne d'Iberville, Jacques Le Moyne de Sainte-Hélène et Paul Le Moyne de Maricourt.
Cette campagne éclair donne aux Français le contrôle sur trois postes de traite
situés au sud de la baie James : Monsoni (Moose Factory),
Rupert (Charles) et Quichichouane (Albany).

Pierre Le Moyne d'Iberville a 25 ans lorsque, le 10 août 1686,
le chevalier Pierre de Troyes lui confie le commandement des postes qui viennent de tomber.
Iberville maraude. Jouant les flibustiers aux alentours de la rivière Nelson,
il s'empare de deux navires anglais.
Ces prises lui permettent d'échapper à la famine et d'approvisionner le fort Monsoni.
Quand il rentre à Québec par la mer, à la fin d'octobre 1687,
le bâtiment qu'il conduit est chargé à ras bord de fourrures et de marchandises anglaises.

Séjournant en France au cours de l'hiver 1687-1688, il réussit à convaincre Versailles
de soutenir la Compagnie française de la baie d'Hudson
et d'assurer ainsi le renforcement de la position française au nord. Ses arguments portent.

Le roi lui confie Le Soleil d'Afrique, le plus moderne et le plus rapide de ses navires.
Le 3 août, après un détour par Québec, le navire fend les glaces de la baie d'Hudson.
De là, Iberville demande qu'on lui permette de s'emparer du fort York,
ce qui fermerait aux Anglais l'accès à la rivière Nelson
et aux territoires du Manitoba actuel.
Avec moins de 20 hommes, il arraisonne deux navires, capture près de 80 Anglais
et s'assure que le pavillon du roi flotte au-dessus des forts de la baie James.
Le 12 septembre 1689, conduisant un vaisseau armé de 24 canons
qu'il a chargé de milliers de peaux de castor, il met le cap sur Québec.

Pour Iberville la présence des Anglais au fort Nelson
laisse présager la perte de la Nouvelle-France.
Il ébauche un plan simple et peu coûteux pour sauver définitivement la colonie.
Trois événements en diffèrent l'exécution.
La suspension des hostilités entre la France et l'Angleterre,
négociée en 1687, a pris fin au mois de mai 1689.
Les répercussions du conflit européen ont frappé la région de Montréal où, le 5 août 1689,
des habitants de Lachine ont été attaqués et massacrés.
Enfin, le gouverneur Frontenac organise une riposte
à laquelle Iberville participe avec enthousiasme.
Le 18 février 1690, l'attaque de Corlaer (Schenectady, Maine) se solde par le pillage,

l'incendie et le massacre d'une soixantaine de ses habitants.

Iberville séjourne à la baie d'Hudson pendant l'hiver 1690-1691,
mais il n'y réalise rien de remarquable.
En 1693, pendant qu'il escorte les navires qui font la navette entre le golfe Saint-Laurent
et les ports français, l'Angleterre reprend les postes de la baie James.
Au mois d'août 1694, ayant obtenu un monopole de trois ans
sur le commerce à la baie d'Hudson,
Iberville y retourne. Le 13 octobre, il maîtrise enfin le fort Nelson.
L'année suivante, on lui confie la patrouille de l'Atlantique, du Maine à Terre-Neuve.

Le 15 août 1696, il nourrit sa légende en s'emparant du fort William Henry sur la côte du Maine.
Rapide, il se dirige ensuite vers Terre-Neuve.
Là, avec moins de 200 hommes, il prend le fort Saint-Jean
avant d'assujettir Terre-Neuve à coup d'expéditions meurtrières.
Il ne savoure pas longtemps sa victoire puisqu'il reçoit l'ordre de filer vers la baie d'Hudson
où les forts ont été repris.
Le 5 septembre 1697, Le Pélican, en tête d'un convoi qui compte quatre navires,

subit une attaque en règle.

Déjà reconnu pour ses exploits sur terre, d'Iberville est aussi maître sur mer.
Il démontre tout son savoir-faire lorsque son navire,
le Pélican est attaqué par trois navires de guerre anglais.

Avant la fin de la bataille, d'Iberville coule un premier navire et s'empare d'un second,
en plus de mettre le troisième en déroute.
Le navire capturé, le Hudson's Bay, renferme une cargaison de peaux de castor
dont la valeur s'élève à 50 000 écus.
Dans les rangs français, d'Iberville se compte chanceux de n'avoir que 17 hommes blessés.

Quand les renforts arrivent, la bataille est finie !
Il ne reste qu'à reprendre le fort Nelson, qui tombe le 13 septembre 1697.
Ce poste anglais est considéré comme le meilleur de la baie d'Hudson
et est d'une importance capitale pour le contrôle de la traite des fourrures
dans cette partie de l'Amérique du Nord.

Le traité de Ryswick, signé 7 jours plus tard,
consacre la prédominance anglaise à la baie d'Hudson
et celle des Français à la baie James.
La France, qui conserve Port-Royal et Plaisance,
doit rendre une partie de l'Acadie et Pemaquid.

Vers la Louisiane

Contraint de porter son regard vers d'autres horizons,
mais toujours hanté par le désir de donner l'Amérique du Nord à la France,
Iberville plaide en faveur de l'établissement d'une colonie française
à l'embouchure du Mississippi:
« Si la France ne se saisit pas de cette partie de l'Amérique qui est la plus belle,
la colonie anglaise qui devient très considérable
s'augmentera de manière que, dans moins de cent années,
elle sera assez forte pour se saisir de toute l'Amérique
et en chasser toutes les autres nations. »

Son plan : étrangler les colonies de la Nouvelle-Angleterre entre le Canada au nord,
le golfe du Mexique et la Louisiane au sud et le fleuve Mississippi à l'ouest.

Le 31 janvier 1699, commandant deux frégates, la Badine et le Marin,
Pierre Le Moyne d'Iberville jette l'ancre dans la baie de Biloxi.
Sa mission est d'établir une colonie française sur le golfe du Mexique
et de découvrir l'embouchure du Mississippi.
Cette découverte doit assurer à la France le contrôle d'une seconde voie de pénétration
du continent nord-américain et permettre de limiter
l'expansion des colonies américaines vers l'Ouest.

Le 2 mars 1699, il réussit là où Robert Cavelier de La Salle a échoué :
il trouve, par voie de mer, l'embouchure du Mississippi.
Trois expéditions successives, en 1699, 1700 et 1701,
lui permettent de construire les forts Maurepas (Biloxi), Mississippi et Saint-Louis (Mobile).

Biloxi est le nom d'une petite tribu amérindienne que d'Iberville rencontre en 1699
dans la baie qui porte aujourd'hui son nom : D'Iberville.
Le poste de Biloxi étant bien situé le long du littoral continental,
d'Iberville souhaite qu'il devienne le centre maritime de la colonie louisianaise.
Toutefois, en 1722, c'est Nouvelle-Orléans qui deviendra le nouveau centre de cette colonie.

En 1702, ayant noué des liens de confiance avec les Indiens,
le commandant général de la Louisiane s'éloignait de cette colonie pour ne plus y revenir.

Au début de l'année 1706, Iberville sème la terreur dans les Antilles anglaises.
Il terrorise, pille et neutralise l'île de Nevis,
faisant craindre le pire aux établissements de la Nouvelle-Angleterre.
Peu après, il fait escale à La Havane où il s'est rendu pour, croit-on, vendre du fer français.
Il y meurt à bord du Juste, le 9 juillet 1706, terrassé par une maladie épidémique
ou par les fièvres qui le minaient depuis 1701.

Les restes de celui que les registres d'inhumation désignent sous le nom de

El General Dom Pedro Berbila
ont été déposés dans l'église de San Cristobal, à La Havane. Il avait 45 ans.