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Dollard des Ormeaux héros de la Nouvelle-France

Adam Dollard Sieur des Ormeaux

Arrivé en Nouvelle-France en 1657, à l'âge de vingt-deux ans,
Dollard des Ormeaux commande la garnison du fort de Ville-Marie.

En 1659, Dollard reçoit une terre de 30 arpents.
Selon des contemporains, il est un homme de « mise et de conduite ».
La petite colonie souffre de pénurie de fourrures et de profits
parce que les canots de traite évitent l'île à cause des Iroquois.

Suite à la capture et à la torture d'un Iroquois par des Hurons,
l'on apprend à Québec le dessein d'invasion des Iroquois.
Devant l'imminence d'une nouvelle agression iroquoise,
le commandant de la garnison, Adam Dollard, sieur des Ormeaux,
avec l'aide de seize camarades, se propose pour combattre les envahisseurs.

Selon l'Ursuline, Marie de l'Incarnation :
« Lambert Closse et Charles Lemoyne, amasseurs de fourrures,
offrirent de se joindre à Dollard s'il voulait renvoyer
et différer son expédition jusqu'après les semences».

( Dollard était le parrain de la fille de Lambert Closse. )

Les membres de l'expédition Vu l'urgence de la situation, décident de partir sur-le-champ.

Ce sont des soldats d'origine modeste, artisans et cultivateurs.
Certains habitent la Nouvelle-France depuis 1653 : Jacques Brossière,
François Cusson, Rémi Doussin, Nicholas Jocelin, Jean Lecomte,
Etienne Robi, Jean Tavernier, Jean Valet, tous âgés de 17 à 23 ans.
Les autres sont là seulement depuis 1657 : Dollard des Ormeaux, 22 ans,
Christophe Augier, Jacques Boisseau, Alonié Delestre, 28 ans, Simon Grenet,
Roland Hébert, Robert Jurie, Louis Martin 18 ans et Nicholas Tiblerond.

Pour les armer, Dollard des Ormeaux doit emprunter une somme de 45 livres
de Jean Aubuchon ; il promet, dans un billet du 15 avril 1660,
de rembourser cette somme à son retour.
Ce billet est signé « Dollard ».

Tous ces volontaires font leur testament, se confessent,
et communient dans la petite chapelle de l'Hôtel-Dieu,
selon l'usage du temps, avant de monter à l'ennemi.
Depuis sa fondation, le 18 mai 1642, après dix-huit ans donc,
Ville-Marie ne compte encore qu'une population de 372 âmes.

Le départ

Ils embarquent en canot, le 19 avril 1660.
Entre l'île de Montréal et l'île des Soeurs,
ils rencontrent deux canots comptant une quinzaine d'Onotongués et trois prisonniers français.
Ceux-ci se noient et l'expédition retourne à Ville-Marie pour les services funèbres des tués.
L'expédition repart le lendemain

L'embarcation quitte le Saint-Laurent pour entrer dans l'Outaouais,
il faut traverser le lac des Deux-Montagnes, ensuite les rapides de Carillon,
viennent ensuite les rapides de la chute à Blondeau, beaucoup plus loin ;
après un large détour vers l'ouest, l'entrée d'un lac, le passage le plus étroit
et les eaux furieuses qui se précipitent dans un long couloir
que l'on nomme aussi Saut de la Chaudière.

Le fort du Sault de la Chaudière

Ils viennent s'embusquer au dessous du Long-Sault, le 1er mai 1660.
Sur la rive orientale du Sault, ils retrouvent une palissade abandonnée par les Algonquins.
Ce n'est qu'une enceinte rudimentaire de tronc d'arbres,
assez haute pour s'y tapir mais non consolidée et déjà délabrée.
Ils renforcent l'enceinte et installent leurs chaudrons au bord du cours d'eau.
Un contingent d'Amérindiens les rejoint:
le chef huron Anahotaha ou « Onontaha » avec 40 Hurons,
ainsi que Mitewemed et 4 Algonquins de Trois-Rivières.
Ils sont munis d'un sauf-conduit de Maisonneuve.

L'escarmouche

Des éclaireurs, dissimulés à la tête du Long Sault,
annoncent que deux canots remplis d'Iroquois, sont en vue.
Dollard leur tend une embuscade, au pied-à-terre d'un portage.
Une source prétend qu'il y avait quatre Iroquois dont un s'échappa,
alors qu'une autre source parle de quinze Onontagués, dont deux s'échappèrent.

Première attaque

Bientôt arrive le gros de l'expédition indienne, soit une flottille de deux cents Onontagués,
la hache à la ceinture et les fusils à la pointe des canots.
En un instant, l'étroit cours d'eau se remplit de canots,
manoeuvrés par des indigènes avides de vengeance... une flotte de 40 à 50 canots,
soit une armée de quelques deux cent guerriers.
Dollard et son groupe se réfugient dans le fort pour s'y abriter du mieux qu'ils peuvent
avec vivre et munition, mais sans eau.
Ils repoussent l'attaque initiale mais les envahisseurs détruisent les canots des français
coupant ainsi toute possibilité de retraite.
La horde iroquoise se replie pour construire une palissade un peu plus haut le long de la rivière.

Deuxième vague

La seconde attaque survient comme un coup de tonnerre.
Les Onontagués se ruent à l'attaque du fortin dans un assaut tumultueux,
qui est repoussé avec une telle vigueur qu'ils retraitent vers la palissade qu'ils venaient d'élever.

Ils dépêchent alors un canot aux îles du Richelieu,
afin de demander secours aux Agniers qu'ils devaient rejoindre à la Roche Fendue.
Onontaha suggère d'envoyer des ambassadeurs avec de la porcelaine afin de parlementer.
Ces derniers désertent et reviennent inciter ceux qui restent à déserter.
Ils sont abattus par les Français.

Le siège

Les Iroquois échouent encore une troisième fois.
Le lendemain, ils lancent un nouvel assaut mais ils doivent se retirer en désordre.

Suit une période d'accalmie de cinq jours. Les Iroquois haranguent les Hurons.
Un à un, les Hurons sautent la palissade, seul le chef reste avec les Français;
les Hurons n'ont pas de fusils.

Les assiégés souffrent du froid, de l'insomnie et pire que tout de la soif
et ont peine à se nourrir de l'épaisse farine de maïs qu'ils ont en provision.
Ils effectuent une sortie à la pointe de l'épée pour puiser l'eau à la rivière.
Ils sont harassés jour et nuit.

L'arrivée des renforts

Le huitième jour, arriva du Richelieu une flottille de cinq cents Agniers
et de 50 Oneiouts, dans des cris barbares.
Nous sommes donc en présence de 700-800 guerriers contre 16 Français et 6 indigènes.
Une nouvelle attaque est encore repoussée.
Les Hurons ralliés aux Iroquois leur font part de la faiblesse du détachement français.
Humiliés de se faire tenir tête par un si petit nombre de guerriers,
les Hurons veulent donner l'assaut une dernière fois.

L'assaut final

L'attaque est donnée, torche enflammée à la main, pour tenter d'incendier la palissade ;
l'assaut est repoussé, mais des agresseurs, protégés par des pièces de bois liées au corps,
de la tête aux genoux, réussissent à atteindre la palissade
et s'efforcent de couper les pieux à la hache.

Le baril de poudre

De l'autre côté, sentant le danger et étant incapable d'atteindre les démolisseurs par les meurtrières,
Dollard s'avise alors de charger un gros mousqueton de poudre et de balles jusqu'à l'embouchure,
en guise de grenade, dans l'intention de le lancer dans les rangs de l'ennemi.
Il l'allume et le projette par dessus la palissade au milieu des Hurons.
Malheureusement, le projectile frappe une branche d'arbre qui le rejette dans le fort.

Dans la confusion qui suivit, les Iroquois se rendirent maîtres de meurtrières
et canardèrent les occupants du fort.
Le corps à corps s'ensuit et bientôt, il ne reste plus que cinq français et quatre Indiens qui seront
« réservés » pour la torture et l'entrée en triomphe dans les bourgades.

Les vainqueurs se partagent les Français, deux aux Agniers, deux aux Onontagués et le dernier aux Onnéiouts.
Les trouvant trop affaiblis par les blessures, ils les soumettent au supplice du feu.
L'un deux s'échappe et périt en forêt.
Les Iroquois se conduisent en cannibales, selon leurs coutumes ancestrales.

Quant aux Hurons transfuges ou prisonniers,
ils en brûlent sept tandis que les autres sont adoptés par les tribus.
Les Iroquois retournent dans leurs bourgades décontenancés d'avoir perdu
plus de quatre-vingts guerriers contre un si petit nombre de défenseurs.

Le 21 mai 1660 passe dans l'histoire
comme le jour où Dollard des Ormeaux sauva la Nouvelle-France.

La fin de l'histoire de Dollard des Ormeaux

Lorsque Pierre-Esprit Radisson et Médard Chouard Des Groseilliers, arrivent par là,
quelques jours plus tard, ils trouvent seize Français massacrés, attachés à des poteaux le long de la rive.

Le 27 mai 1660, on procède à un premier inventaire des biens et des testaments des jeunes patriotes.
Pierre Picoté de Belestre arrivé en 1659, commande en l'absence de Dollard.
C'est lui qui hérite de la terre de Dollard des Ormeaux.

Conclusion

La peur de périr sous l'assaut des hommes de la Nouvelle-France
décourage les Iroquois d'attaquer de nouveau.

Les guerriers iroquois retournent dans leurs villages sans livrer d'autres combats
et les semailles ont lieu sans autre incident. L'invasion de 1660 est évitée.
Les fourrures ramènent temporairement la prospérité à Ville-Marie par leurs riches convois.

Le récit de la bataille sert à illustrer les dangers qui guettent la colonie française
et il convainc les autorités de la métropole de l'urgence des renforts.

En 1665, Louis XIV envoie le Régiment de Carignan pour refouler les envahisseurs iroquois chez-eux.
Ce régiment d'élite finit par leur imposer la paix en 1701.

Honneurs à Dollard des Ormeaux et à ses valeureux compagnons

== Version historique et mythe ==

Certains travaux historiques ne permettent pas de corroborer les faits
de cette bataille qui serait, selon certains, un mythe.

Certains éléments textuels supposent d'ailleurs que Dollard n'avait pas été envoyé pour défendre la colonie
et qu'il soit parti, au contraire, de son propre chef, à la tête d'un petit groupe de Français,
à la rencontre d'un convoi d'Amérindiens alliés des Français.

Ce convoi transportait des marchandises (des fourrures, surtout)
qui n'avaient pas été livrées depuis plusieurs mois (on parle de près de deux ans),
en raison des guerres avec les Iroquois.
Dollard aurait donc décidé de s'emparer du butin avant que les Amérindiens
ne se soient rendus au poste de traite français.

Malheureusement, un fort contingent iroquois aurait eu la même idée
et le hasard fit que Dollard trouva les Iroquois avant les Amérindiens alliés des Français.
Ainsi, retranché dans un fort, il aurait fait feu sur un parlementaire iroquois
venu négocier leur reddition le tuant,
ce qui aurait déclenché les hostilités, courtes et inutiles.
(les Iroquois vendaient les prisonniers français, lesquels étaient rachetés à prix d'or par la colonie)

Dollard serait donc en fait un pirate malchanceux et, de surcroît, maladroit avec les barils de poudre,
mais encensé par les autorités religieuses, avides de héros et de martyrs
propres à stimuler le sentiment patriotique et religieux.

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